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Caliopen

Mardi, août 11th, 2015

Depuis le début de Caliop ou pas loin, je regarde ce qui s’y passe. Aujourd’hui ce projet de messagerie sécurisée continue sous Caliopen.

Ce n’est pas un service tout à fait comparable à ce que propose nebule. C’est un service qui se veut compatible avec la messagerie smtp. Cela implique la présence et l’utilisation de serveurs centraux de messagerie. Ensuite, si l’interface mélange les différentes sources de messages comme SMS, emails et tchats, il ne semble pas y avoir d’autres moyens d’échange ou de gestion de l’information.

Dans l’interface proposée, il y a une chose intéressante. Dans la vue de boite d’entrée, on a deux curseurs permettant de montrer les messages.

Le premier curseur gère le niveau de sécurité des messages affichés. Lors des échanges de messages, on doit s’attendre à ce que la confiance dans le contenu des messages soit forte ou à défaut qu’un indicateur de cette confiance pondère son contenu. Il est un peu étonnant qu’il y ai un seuil haut et bas. Quel sera l’usage du seuil haut que l’on abaisserait ? Le niveau de confiance d’un message est calculé sur la façon dont il est transmis, le réseau proche utilisé, et la cryptographie employée.
Dans nebule, cette confiance n’est pas vraiment calculée. Les réseaux utilisés et les serveurs parcourus ne sont pas source de calcul d’une confiance. Ils ont par défaut une confiance nulle. C’est la façon de parcourir de multiples serveurs de façon aléatoire qui va palier au manque de confiance dans les réseaux et les serveurs. Par contre, un curseur social sera définit et les liens seront triés en fonction de seuils. Et ce curseur dépendra surtout de l’entité avec qui on correspond. Une pondération automatique sera possible pour les entités inconnues en fonction des entités connues qui la reconnaissent. Pour la cryptographie, chacun peut librement choisir ce qu’il utilise et ce qu’il protège, c’est comme pour Caliopen.

Le second curseur gère l’importance des messages avec un seuil haut et bas. là aussi il y a un seuil haut dont l’usage est à voir en pratique. L’importance est donnée par l’émetteur du message.
Dans nebule, l’importance n’est pas fixée par l’émetteur mais est calculée en fonction de l’émetteur et des liens vers des objets pondérés. Il est même possible de simuler en public une importance forte à une entité en particulier mais en réalité de dissimuler que cette entité n’en a pas.

La découverte de nouvelles personnes avec qui converser se fait par divers moyens. Mais il faut bien vérifier la clé publique. Caliopen propose d’utiliser le DNS. Tout le monde peut contrôler un nom de domaine ou appartenir à un nom géré par quelqu’un d’autre. Il est possible de transmettre par ce biais une clé publique pour une adresse (email) correspondante. On rend difficile l’usurpation d’une identité.
Avec nebule, en l’absence de vérification directe d’une entité et donc d’une pondération forte, on fait confiance à des entités proches pour pondérer cette entité que l’on ne connais pas. C’est un peu le système utilisé dans PGP.

Je continue à regarder l’évolution du projet en espérant qu’il ne capotera pas comme tant d’autres…

Individu, sociabilité, universalité

Lundi, septembre 9th, 2013

L’affaire PRISM révélée par Edward Snowden n’en finit pas de provoquer des secousses numériques autour de la NSA, des grosses sociétés américaines et de la vie privée des citoyens/sociétés.

On entend parler régulièrement de la possibilité de créer de multiples chemins de communications entre individus. Ici multiple est à comprendre dans le sens où chaque connexion passe par un certain nombre de serveurs différents et ce de façon anonyme pour les serveurs. Ceci dans le but de garantir l’anonymat de l’internaute.

Il existe TOR pour la navigation. Ce pourrait être le cas avec la messagerie (Caliop ?). Mais est-ce une solutions suffisante?
Le journal Lemonde a publié un article sur un internet décentralisé pour des usages centralisés (cf lien). Rien que le titre suffit à exprimer tout le paradoxe de notre utilisation de l’internet…

Un autre problème s’ajoute, l’anonymisation est aussi utilisée par des criminels. Tout en sachant que les criminels d’un pays/communauté sont parfois les héros d’un autre. Comment distinguer l’utilisation légitime, ce qui est bien ou pas? Vaste débat.
Un outil ayant uniquement une structure globale mélange les usages légitimes et réprouvés, quel qu’en soit leur acceptation. Un outil qui respecte une structuration régionale ou locale est plus à même de coller à l’acceptation de certains usages, ou à leur régulation. Il est aussi capable de suivre l’évolution des mœurs et usages tout en permettant des échanges globaux.

Le projet nebule peut-il apporter quelque chose? Je pense que oui, quelque chose de nouveau surtout. Aujourd’hui, tous les efforts portent sur des tentatives de sécuriser les serveurs centraux, les relais intermédiaires, les chemins empruntés et les protocoles. Cette nouvelle chose que propose nebule est de penser directement au niveau de la donnée, de gérer sa confidentialité et ses échanges.

La structure locale de nebule est de taille variable. L’individu est la base. Il met en place naturellement des échanges dits sociaux proches jusqu’à une organisation de la taille d’un pays. Il est aussi capable d’exploiter de façon universelle des informations quelles qu’en soient leurs localisations.

Liens :
Lemonde – Bitcoin, BitTorrent, TOR : un internet décentralisé pour des usages centralisés
http://fr.wikipedia.org/wiki/PRISM_%28programme_de_surveillance%29
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tor_%28r%C3%A9seau%29
https://www.torproject.org/
http://www.caliop.net/